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La connaissance tacite: trésor invisible des entreprises


Gérard prend sa dernière tasse de café, signe quelques papiers, et franchit la porte pour la dernière fois. Trente ans d'expérience partent avec lui. Deux semaines plus tard, la ligne de production est à l'arrêt. Personne ne sait pourquoi la machine "fait ce bruit-là" avant de lâcher. Personne n'a pensé à le demander à Gérard.

Avez-vous déjà vu un projet s'enliser ou une machine rester à l'arrêt, simplement parce que "celui qui savait" avait pris sa retraite ? Ce scénario, loin d'être anecdotique, révèle la fragilité d'un actif souvent invisible mais absolument vital pour les entreprises : la connaissance tacite.

Contrairement à la connaissance explicite (manuels, procédures, bases de données), la connaissance tacite est celle que l'on ne peut pas simplement mettre en mots. C'est l'intuition du commercial, le "tour de main" du technicien ou la capacité d'un manager à décoder une situation complexe par l'expérience. 

Quelques chiffres qui font réfléchir

L'enjeu n'est pas seulement théorique, il est stratégique et financier :

  • 80 % des connaissances au sein d'une organisation sont de nature tacite et ne sont donc jamais écrites. 
  • En Île-de-France, 27 % des actifs auront 50 ans ou plus en 2030 entraînant une vague massive de départs à la retraite.
  • Seulement un tiers des employés communiquent ouvertement leurs idées et savoirs, créant un risque de perte nette lors de chaque départ.

La fuite de ces savoirs invisibles ne prévient pas. Elle se manifeste par une baisse de productivité accompagnée d’une augmentation des erreurs coûteuses, par un allongement du temps nécessaire à la montée en compétence des nouvelles recrues, ainsi que par une perte d’avantage concurrentiel, puisque ce savoir unique est, par nature, difficile à imiter par vos concurrents.

Comment protéger ce trésor ?

Pour transformer ce savoir individuel en richesse collective, l'entreprise doit devenir "apprenante". Le modèle SECI (Socialisation, Externalisation, Combinaison, Internalisation) suggère que le savoir se crée par le dialogue et le partage d'expérience. Et pour cela les outils visuels sont de précieux alliés. Dans leur ADN est la mission de rendre la pensée visible et plus compréhensible. En clarifiant et rendant plus accessible l'information ils vont favoriser une meilleure récolte et un meilleur partage de la connaissance tacite.

Sources:

Insee: En 2030, plus d'un actif francilien sur quatre aurait 50 ans ou plus

Gouvernement du Nouveau-Brunswick (2010) Guide sur le transfert des connaissances du gouvernement du Nouveau-Brunswick

Techniques de l’ingénieur. Les connaissances tacites : une source de savoir sous-estimée par les entreprises .

Knowledge management according to the SECI model to achieve technological development «Case study: Small and medium enterprise ».




 

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